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posté il y a 2 ans

Biais décisionnel : la peur du risque

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La peur de l’échec, du jugement ou du rejet, la culpabilité, l’incertitude provoquent en nous des sensations désagréables que nous sommes légitimement enclins à éviter.
Cette aversion pour les émotions négatives peut générer des erreurs de jugement dénommées biais décisionnels. L’aversion aux risques, aux pertes, la surévaluation des bénéfices immédiats, le biais de conformité, le biais de confirmation, le biais d’autorité font partie de ces biais qui peuvent à notre insu affaiblir notre discernement. Un homme averti en valant deux, les identifier peut nous aider à réduire leur influence et à décider en meilleure connaissance de soi.
Regardons de plus près le premier d’entre eux, la peur du risque. Dans l’histoire de l’humanité, les individus les plus prudents sont ceux qui ont vécu suffisamment longtemps pour avoir une descendance et transmettre leurs gènes. Nous sommes le fruit de cette sélection naturelle. Notre cerveau génère en nous un réflexe de fuite dans les situations qu’il perçoit comme risquées. Aujourd’hui, le risque de croiser un prédateur au détour d’un fourré est relativement limité. La peur est pourtant toujours présente dans nos vies : peur de déplaire, d’être critiqué, rejeté, de se tromper, d’échouer… La prise de décision est une prise de risque, notamment dans la vie professionnelle.

L’aversion aux risques peut générer trois types de comportement chez les personnes qui y cèdent :

  • L’évitement : il consiste à ne pas prendre de décision, à déléguer à d’autres la responsabilité de le faire ou attendre que la situation se résolve par elle-même.
    En entreprise, il est fréquent de rencontrer des managers qui fonctionnent ainsi, laissant fréquemment sans réponse les demandes de validation de leurs collaborateurs. Cette technique peut s’avérer payante dans les organisations ou l’attentisme est plus payant que l’innovation.
  • L’hyper-contrôle : la personne a besoin d’avoir étudié tous les tenants et les aboutissants de la situation, d’avoir consulté tous les experts de la question avant de décider. Il lui arrive souvent de prendre la bonne décision mais trop tard. Dans la sphère professionnelle, l’hyper-contrôle peut également générer du micro-management chez certains responsables qui exigent de leurs collaborateurs de leur faire valider toutes les décisions qu’ils prennent.
  • L’impulsivité : pour fuir le stress généré par le fait de devoir prendre une décision, la personne fonce tête baissée dans l’action, sans prendre suffisamment le temps de la consultation ou de la réflexion. Quitte à devoir faire marche arrière quand la décision conduit dans une impasse.

Pour réduire l’impact de l’aversion aux risques, quelques pratiques peuvent nous aider :

  • Pour les « évitants » : évaluer le risque à décider et le mettre en balance avec le risque de ne rien décider
  • Pour les « hyper-contrôlants » : s’exposer progressivement à des expériences de lâcher prise et de délégation.
  • Pour les impulsifs : s’imposer des temps de consultation et de prise de recul pour les décisions à fort enjeu.

Pour aller plus loin : « Comment prendre de bonnes décisions », Nadine Sciacca, paru chez Marabout (février 2016)

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